Le blog de Michel Debray


Baiser souvent n’est-ce-pas grand-plaisir ?

Dites ouy, vous autres amoureux ;

Car du baiser vous provient le désir

De mettre en un ce qui estoit en deux.

L’un est très bon, mais l’aultre vault mieux :

Car le baiser sans avoir jouyssance,

C’est un plaisir de fragile asseurance ;

Mais tous les deux alliez d’un accord

Donnent au cœur si grande esjoussance,

Que tel plaisir oubly à la mort.

 

Un jour Robin vint Margot empoigner,

En luy monstrant l’oustil de son ouvraige,

Et sur-le-champ la voulut besongner ;

Mais Margot dit : « Vous me feriez oultraige :

Il est trop gros et trop long l’advaintaige.

- Bien, dit Robin, tout en vostre fendasse

Ne le mettray » et soudain il l’embrasse,

Et la moitié seulement y transporte.

- Ah ! dit Margot en faisant la grimace,

Mettez-y tout : aussi bien suis-je morte. »


Comme un escolier se jouait

Avec une belle pucelle

Pour lui plaire bien fort louait

Sa grâce et beauté naturelle,

Les tétons mignards de la belle

Et son petit cas, qui tant vault.

« Ha ! Monsieur, adoncq’ce dist-elle,

Dieu y mette ce qu’il y faut. »

 

Clément Marot

1495-1544

Photo MissNice

Dim 23 aoû 2009 Aucun commentaire