Le blog de Michel Debray

 

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Billet à Cagliostro,

Ne me retenez point je rentre au couvent

Apprenez mon cher qu’à minuit sonnant

Une jolie nonne au regard luisant

Me fera connaitre  un désir troublant

Sous les hautes voûtes d’un cloitre élégant

Je connaitrai enfin les amours d’antan.

Soulevant mon voile de  novice bleue

De sa  main experte,  Elle me conduira

De l’ignoble terre au plus haut des cieux !

De cela, mon cher, j’attends grand émoi.

Glissez-vous dans l’ombre, ami Libertin

Sous la bure luit le satin coquin 

Entendez  baisers et cris chuchotés…

Comme cette nonne sachez donc m’aimer !

Votre amante éplorée.

 

 

Chère amante,

Vous ne m’abuserez pas avec vos douceurs

Messianiques

Divin Marquis je suis

Divin Marquis je reste

Ah ! Vous aimez les messes ?

J’en connais de perverses          

Le soleil de Messidor

Tropique du cancer,

Se change, sous mon jeu   

Libidineux

De Zodiaque sadique

En Lune

 Funeste de Saturne 

 Débauchée  érotique

Messe noire  de thermidor !

Attendez-vous à souffrir

Flagellation  fellation

 Destination Soumission

J’aime m’entourer de femmes

 Chorégies pétillantes

Détraquées,  

Analphabètes

Hirsutisme de Beauté troublante

Aiguiser leur jalousie me charme

Berger, projecteur

D’un Spectacle macabre

La jouissance est petite mort

Prélude à la grande

Regardez mon cœur

Ce que sera tantôt

Votre joli corps

Et votre ravissant visage …

 Une tête de mort !

A vous sans ambages

Cagliostro.

 

 

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A Cagliostro,

Hier, vous me vouliez, mon bel  amant, accroche-cœur,

Nue,  pour jouir de moi «  Oh Calcutta », étendue endormie

Acceptez  donc  mon rêve d’aujourd’hui,   douce  palinodie

 Je vous désire en  chaste statue éburnéenne

 Ne  touchez à mes formes, je me charge du reste

Bel éphèbe impuissant, l’orgueilleux déchirement 

De votre panne sera  ma victoire 

Ni  bras, ni  jambes, seuls  le phallus et la bouche!

 Regardez si vous voulez, vous n’avez plus le choix

 Comme vous êtes beau ! Vous   romain, et moi patricienne

 Face à face à l’Espresso des bains et des douches latins.

Mes mains caressent votre nuque et touchent au plus intime espoir

Mon corps chaud et vivant va réchauffer votre  sexe d’ivoire.

Par l’entonnoir des mâchicoulis de Saint Ange

Votre  cœur a reçu l’amoureuse  flèche

Pauvre Cagliostro, à ma merci vous êtes!

Votre amante

 

 

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Chère amante,

Je suis resté de pierre, selon votre désir clandestin

Mais bel éphèbe romain, polyandre avéré, en  statue de mendiant de la cour des miracles

Me voici de fonte coulé ? Pauvre ère, sans  rien pouvoir, des abysses de mon obscurité 

Suis- je  donc condamné à  vous contempler  en proie aux regards concupiscents

 De ces noirs philistins ?

Tous ceux qui sous mes ordres de cardinal dans ma ruelle tremblaient

Vous examinent sans gêne : Voyeurs masqués: curé, archiprêtre, moinillons,

Pénitents érudits d’une prétentieuse science occulte.

Prenez-en garde. Crapahutant sans gêne jusqu’à vos murs, ils sont prêts,

Après avoir joui  de vous, à  vous mener sans miséricorde 

Au bucher dont les flammes sont déjà allumées

Pourquoi leur montrez-vous cet unique grain de beauté cerise

Ce bijou secret qui vous  donne de l’ocelot, un si  sauvage éclat ?

Ne savez-vous pas que  pour tous ces acharnés-là,

De par  leurs principes de religieuse cruauté et les écrits de leurs grimoires suspects

Porteuse du  « stigma diaboli » et  sorcière vous serez déclarée ?

Ah ! Ma beauté, vous serez,  sous la  douche insultante  et vivats des laides et des frustrées 

Oui ! Ma beauté, vous serez,  sans que j’en puisse mais, démantibulée et brûlée !

Rhabillez-vous bien  vite en nonne  rouge pour  plus de sureté,

Et gardez donc pour moi cette admirable intimité !

Votre amant

Cagliostro.

 

 

 

 

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Cher Cagliostro

Cacher mes appâts disiez-vous ?

Soit ! Je suivrai votre appoggiature

Je serai  aujourd’hui « Diseuse de male aventure » 

Guérisseuse de frustrations, donneuse de vertiges.

 Noire « musca diaboli » piquée à ma bouche félibrige

Chapeau à plumes, sur mes  cheveux  couleur d’orange

Col montant, lunette  face à main, je suis  caricature.

J’offre mes prestations en  Madame- tchoupolait   Irma 

Archange initié, vengeur des oulémas !

Pétard  de non de Zeus !  Aussi  peu sexy, avouez

Qu’un prof  de maths femelle en mal de logique !

Fermez  les yeux mon cher, demeurez hypnagogique.

 Ceux qui, hier m’auraient comme sorcière brulée,

Vicieux, reluquant  ma fraise en criant « oh quel cul t‘as » 

Je vais  de leur crédulité  aujourd’hui  me jouer

Mettant  à ma merci tous ces vieux bigots- là,

Voyante « extra lucide » racontant des sornettes

Mes cartes  prédiront  l’amour qui tue et rend dément.

 Hideux crâne de mort tarmac de cimetière

Corbeau noir, visionnaire du malheur effrayant, 

Statue égyptienne, œil de saphir clairvoyant

Ces superstitieux sont en haleine  et suffocants.

Le gel de leurs moustaches n’a d’égal

Que celui de leurs âmes stupides

Voyez leurs têtes obscènes de gargouilles

Paralysées d’un immense fluide glacial,

Leurs regards effarés, tremblants de Trouille 

Je vais traire leur graisse à ces bourgeois imbéciles !

                       *********

Amant voyeur, tapi dans l’ombre de l’incroyance,

 Vous convoitez, La belle bohémienne à l’étoile bleue,

Ma jolie Lolita, fumeuse de cigarillos ?

 Elle vous attend, mon beau ténébreux

 Et  ouvrira ses bras, sachant ma tolérance !

Libre et fraiche aurore au vent du matin

Ses créoles d’or palpitent  sans fin

Au rythme des amours de  grelotteros.

Nous serons  deux belles pour Cagliostro …

Venez mon  sisyphéen…

Votre amante

 

 

 

 Cher Amant,

Aujourd’hui pour aller à la messe

J’ai mis mon ombrette bretonne

Belle dentelle ajourée

Identique à  celle du curé

veni ad confiteamur peccata nostra

Au dieu d’Amour qui tout pardonne

Et irai près de vous, libertin  communier.

Amaneus  De La Mothe, archiprêtre.

Burdigalensis danConcila,

En langue d’Ovide nous a prêchés

“panen  muta in corpus  christi”

Difficile d’ouïr et de jouir

Et dans l’extase  tout saisir

Quand on ne sait pas le latin

Et ne connait que l’armoricain !

Libretti patenôtres ahanâmes.

Quam Crédubili, summus !

Corpus tuum  appétibli manducem

Tincidunt dulcis Pantone sucré

Agrégeable en son entier

De mon réceptacle, vraie manne…

J’en suis toute rassérénée

Aussi tremblante que nonnain 

J’approche mes lèvres du  calice adoré

Non verberat vinum tuum

Replevit sacramentum !

Voilà  de Noël, le vrai miracle :

Panem tuum et vinum tuum

Je suis pour toujours l’habitacle!

Ton  Amante

 

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  Peintures de Clovis Trouille.

 

 

 

Ven 19 aoû 2011 3 commentaires

Aprés plusieurs mois d'abcence me voila de retour...

Ravi de constater que ton blog est toujours aussi chouette...

A très vite...

Tout nouveau...tout beau..!!! - le 24/08/2011 à 10h56

Merci Michel d'avoir l'amabilité de publier mes textes.......C'est grâce à toi que j'ai connu Trouille et je t'en remercie.

Amitiés
Marie.

Marie - le 25/08/2011 à 19h11

Pour te servir Marie. Prego !

Michel DEBRAY - le 30/08/2011 à 15h21